2024

5 dans ton œil

Le titre s’inspire de l’expression arabe « khamsa fi 3inek » (« cinq dans ton œil »), formule adressée au mauvais œil pour en neutraliser la force. Le chiffre cinq renvoie aussi à la main, geste de protection et de riposte. Ici, il évoque la possibilité de renvoyer le regard.
Avec la complicité de Marielle Agboton de l'association le Bureau des guides du GR2013  nous avons animé une marche photographique dans le quartier de la Plaine. Cette marche qui partait et revenait à la Mairie des 1er et 7e arrondissements et traversait Noailles, la place Jean Jaurès et le Cours Julien. Elle interrogeait la place des femmes dans l’espace public en parcourant des lieux où leur présence reste souvent exposée ou fragilisée.

L’appareil photo, tel une extension du corps, s’est révélé être un formidable outil de réappropriation. Grâce à des prothèses (bandeau, brassière, etc.), les appareils photos jetables étaient comme greffés sur le corps des participantes. L’appareil photo était déclenché par les marcheuses dès qu’elles en ressentaient le besoin, lorsqu’elles sentaient sur elle un regard.

200 photographies ont été produites selon ce protocole. Les cadrages apparaissent depuis des points de vue instables, depuis le genou, la tête, le bras ou d’autres positions du corps. Les images ne documentent pas la marche. Elles enregistrent la circulation des regards dans l’espace public et tentent d’en inverser la direction.

  • The title is inspired by the Arabic expression “khamsa fi 3inek” (“five in your eye”), a phrase used to ward off the evil eye and neutralize its power. The number five also refers to the hand, a gesture of protection and resistance. Here, it evokes the possibility of returning the gaze.

    With the collaboration of Marielle Agboton from the Bureau des Guides association and the GR2013, a photographic walk was organized in the Plaine district. The walk started and ended at the Town Hall of the 1st and 7th arrondissements and passed through Noailles, Place Jean Jaurès, and Cours Julien. It explored the place of women in public space, moving through areas where their presence is often exposed or vulnerable.

    The camera, acting as an extension of the body, proved to be a powerful tool for reappropriation. Using prosthetics (headbands, bras, etc.), disposable cameras were effectively “grafted” onto the participants’ bodies. The camera was triggered by the walkers whenever they felt the need to, especially when they sensed a gaze upon them.

    A total of 200 photographs were produced following this protocol. The framing appears from unstable viewpoints — from the knee, the head, the arm, or other body positions. The images do not document the walk itself. They record the circulation of gazes in public space and attempt to reverse their direction.

Photo réalisée lors de la marche avec les appareils photo jetables, 2024

Photo réalisée lors de la marche avec les appareils photo jetables, 2024

Photo réalisée lors de la marche avec les appareils photo jetables, 2024

Photo réalisée lors de la marche avec les appareils photo jetables, 2024

Photo réalisée lors de la marche avec les appareils photo jetables, 2024

Photo réalisée lors de la marche avec les appareils photo jetables, 2024

Photo réalisée lors de la marche avec les appareils photo jetables, 2024

Photo réalisée lors de la marche avec les appareils photo jetables, 2024

Exemple de prothèse portée, 2024

Exemple de prothèse portée, 2024